Le 4 avril, le monde célèbre la Journée internationale de la sensibilisation aux dangers des mines et de l’assistance à la lutte antimines, réaffirmant ainsi le rôle essentiel que joue la lutte antimines pour garantir la paix et favoriser le développement durable. Le thème mondial de cette année, « Investir dans la paix, investir dans la lutte antimines », met en lumière une vérité fondamentale : la paix ne peut perdurer là où les mines terrestres, les restes d’armes à sous-munitions et autres engins explosifs continuent de mettre en danger les civils et d’entraver les efforts humanitaires et de développement.
Partout dans le monde, des communautés vivent encore dans la crainte constante des dangers liés aux explosifs. La paix est fragile lorsque les familles ne peuvent pas se déplacer en toute sécurité, lorsque les services essentiels restent inaccessibles et lorsque la reconstruction est ralentie par des menaces enfouies sous le sol. La lutte antimines offre un moyen éprouvé de relever ces défis en rétablissant la sécurité, la stabilité et la confiance.
La communauté internationale a mis en place un cadre solide qui a redéfini les attentes en matière de protection des civils. La Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel a établi une norme claire et durable en interdisant les armes qui causent des dommages aveugles et irréversibles. La Convention sur les armes à sous-munitions a fait progresser cette cause en interdisant les munitions dont les restes non explosés continuent de faire des victimes longtemps après la fin des conflits. La Déclaration politique sur les armes explosives dans les zones peuplées a renouvelé l’attention mondiale sur l’impact dévastateur des armes explosives en milieu urbain, tandis que la Convention sur certaines armes classiques renforce depuis longtemps les limites humanitaires à l’utilisation d’armes présentant un risque excessif pour les civils.
Ensemble, ces accords forment un écosystème puissant qui prévient de nouveaux dommages, s’attaque à la contamination existante et renforce les normes mondiales qui accordent la priorité à la protection des civils.
L'action humanitaire de déminage sauve des vies au quotidien : les opérations de déminage permettent de rendre les terres à nouveau sûres pour les habitations, l'agriculture, les écoles et les marchés. La sensibilisation aux risques aide les communautés à réduire leur exposition au danger tant que la contamination persiste. L'aide aux victimes garantit que les survivants reçoivent les soins, l'inclusion et le soutien qu'ils méritent. Les enquêtes et les évaluations permettent aux partenaires humanitaires et de développement d'atteindre efficacement les populations touchées. Ces efforts ne se limitent pas à l'enlèvement des engins explosifs : ils favorisent la mobilité, les moyens de subsistance, la dignité et la résilience à long terme.
Malgré l’augmentation de la contamination dans de nombreuses régions touchées par des conflits, l’impact d’une action antimines soutenue est évident. Des zones entières autrefois considérées comme inutilisables ont été rouvertes. Plus de 30 États se sont déclarés exempts de mines. Des infrastructures essentielles ont été restaurées. Des familles déplacées ont pu retourner chez elles. Les champs ont été à nouveau ensemencés, les entreprises relancées et les écoles rouvertes. Il ne s’agit pas de réalisations isolées ; ce sont les résultats cumulés de décennies de coopération entre les États, les organisations internationales et nationales, et les communautés touchées.
Mais ces progrès ne sont pas garantis. Le respect de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, de la Convention sur les armes à sous-munitions et de la Déclaration d’EWIPA reste essentiel pour prévenir de nouveaux dommages et maintenir la protection des civils comme norme universelle. Tout recul par rapport à ces engagements risque de réduire à néant des acquis durement obtenus et de replonger les communautés dans le danger.
En cette journée internationale, nous, le Service de l’action antimines des Nations Unies (UNMAS), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies (UNODA), le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), le Centre international de déminage humanitaire de Genève (CIDHG), la Fondation suisse de déminage (FSD), Handicap International Suisse, ainsi que la Campagne internationale pour l’interdiction des mines terrestres et la Coalition contre les armes à sous-munitions (ICBL-CMC), appelons les gouvernements, les donateurs et les partenaires à renforcer leur soutien à l’action contre les mines et à défendre les accords internationaux qui la régissent. Investir dans l’action contre les mines, c’est investir dans la sécurité des déplacements, le renouveau des moyens de subsistance et la résilience des communautés. C’est investir dans la paix elle-même.
La lutte antimines est efficace. Elle a prouvé sa valeur dans tous les contextes où elle a été mise en œuvre. Grâce à un engagement soutenu et au respect rigoureux des normes mondiales interdisant les armes aveugles, nous pouvons continuer à réduire les dommages causés aux civils, à soutenir le relèvement et à contribuer à bâtir un avenir où la vie de personne ne sera plus déterminée par la présence de restes explosifs de guerre.





