DOP
Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies

Journée Internationale Nelson Mandela pour les droits des détenus : agir pour le changement en milieu carcéral

En ce mois de décembre, la MINUSMA en collaboration avec le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, ainsi que le projet Global Focal Point for Police, Justice and Corrections (GFP, Point focal global pour la police, la justice et les services correctionnels), célèbre la journée Mandela au Mali. Cette journée internationale a pour objet de promouvoir des conditions de détention humaines, de sensibiliser l’opinion sur le fait que les personnes détenues continuent de faire partie de la société et de reconnaitre l’importance particulière du travail social accompli par le personnel pénitentiaire. Prévue tous les 18 juillet, l’édition 2020 a été reportée en raison de la pandémie de Covid-19.

Etendre l’héritage de Mandela au respect des droits des personnes détenues

Le 18 juillet est la date anniversaire de la naissance de Nelson Mandela. En 2009, l’UNESCO a fait de cette date, la journée internationale Nelson Mandela afin de consacrer les 67 années de militantisme de ce leader sud-africain de la lutte anti-apartheid qui, en 1994, deviendra Président de l’Afrique du Sud après avoir passé 27 ans de sa vie en prison. Pendant et après son mandat présidentiel, Mandela poursuivra son combat mondial en faveur des droits de l’homme, de l’égalité, de la démocratie et de la promotion d’une culture de paix.

En décembre 2015, l'Assemblée générale de l’ONU décide d'étendre la portée de la Journée internationale Nelson Mandela, afin de promouvoir des conditions de détention humaines. Il s’est agi de sensibiliser l’opinion au fait que les détenus continuent de faire partie de la société, ainsi qu'à reconnaître l’importance particulière du travail social accompli par le personnel pénitentiaire. À travers la résolution A/RES/70/175, l'Assemblée générale a non seulement adopté l'ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus sous sa forme révisée mais a également approuvé sa dénomination "Règles Nelson Mandela" pour rendre hommage à l’œuvre accomplie par l’ancien Président sud-africain (source : un.org).

Décalée, la célébration n’en n’aura pas été moins forte

En raison de la crise sanitaire liée à la COVID-19, la célébration de la Journée Internationale Nelson Mandela pour les droits des détenus qui se tient tous les 18 juillet de chaque année, a été reportée au mois de décembre, dans les bureaux régionaux de la MINUSMA ainsi qu’à Bamako. Avec pour thème : « agir pour le changement en milieu carcéral », elle a pris différentes formes de Bamako à Gao en passant par Tombouctou et Mopti. Partout, les Directions régionales de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée (DRAPES), les acteurs de la chaîne pénale, les autorités administratives locales, les élus, la société civile, les détenus se sont unis avec l’appui technique et logistique de la MINUSMA, à travers ses équipes régionales de la Section des affaires judiciaires et pénitentiaires (SAJP), pour rappeler l’importance des "Règles Nelson Mandela".

Le 2 décembre à Tombouctou, le thème de cette année a été débattu au cours d’une conférence. Les exposants de la SAJP et la DRAPES y ont présenté plusieurs thématiques, notamment l’historique de la célébration, les instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits de la personne détenue, le rôle de la prison et des acteurs de la société civile en matière de réinsertion sociale des détenus. L’assistance a suivi les débats et y a activement participé. « Nous remercions la MINUSMA pour nous avoir permis de nous édifier sur certaines règles et lois concernant les détenus que nous ignorions avant, de comprendre les enjeux de la réinsertion sociale de ces détenus » a déclaré Aminata MOHAMED, participante. Le lendemain, à la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) a eu lieu une séance de sensibilisation sur la politique pénitentiaire en particulier le respect et la promotion des droits de l’homme en milieu carcéral et la mise en œuvre des activités de préparation à la réinsertion socioprofessionnelle des détenus.

La réinsertion des détenus est un enjeu majeur. À Gao, comme dans le reste du pays, la MINUSMA œuvre dans ce sens. À la Maison d’arrêt et de correction de la cité des Askia, « les conditions d'incarcération sont maintenant bien meilleures, les détenus passent davantage de temps hors de leur cellules, des activités de réinsertion socioprofessionnelle comme la menuiserie, la couture, etc. leur sont proposées grâce à l’appui de la MINUSMA, dans le cadre de l’exécution de son mandat d’assistance et d’accompagnement des autorités maliennes dans leurs efforts de restauration de l’Etat de droit dans le Nord du Mali » a expliqué Jacqueline Feinting CONGE, de la SAJP/Gao. De meilleures conditions de détention que constate également les détenus. Ainsi, Abderrahmane T. 37 ans, ancien membre d’un groupe armé et incarcéré depuis juillet 2019, confirme : « j’ai appris la menuiserie durant ma détention », raconte-t-il, avant d’ajouter qu’il suit également des programmes de rééducation comprenant un soutien psychosocial. Abderrahmane bénéficie également d’une formation dispensée par le centre de formation orientée vers la réintégration professionnelle. Un cursus financé par la contribution néerlandaise au Fonds fiduciaire des Nations Unies pour la paix et la sécurité au Mali à hauteur de 21 millions de FCFA.

Des "Règles Nelson Mandela"…

Lors de la célébration à Gao, Lamissa BERTHE, le Directeur de la Maison d’arrêt et de correction de Gao a rappelé les fondements de ces règles dites Nelson Mandela. « Les Règles Nelson Mandela sont fondées sur l’obligation de traiter tous les détenus avec le respect dû à la dignité et à la valeur inhérente à la personne humaine et d’interdire la torture ainsi que d’autres traitements cruels », a-t-il déclaré. Selon lui, ces règles « fournissent des directives détaillées concernant de nombreuses questions, comme les mesures disciplinaires ou les services médicaux. Par exemple, elles interdisent la réduction d’eau ou de nourriture ainsi que l’utilisation d’instruments de contrainte qui sont intrinsèquement dégradants ou douloureux comme les chaînes ou les fers […] ».